samedi 27 août 2016

Reconnaître le sureau noir (recette de tarte au sureau)

Le sureau noir (Sambucus nigra) est un arbre à feuilles caduques largement répandu en Europe. Ses fleurs parfument l'air au printemps et entrent dans la composition de nombreuses recettes.

Vers la fin de l'été, à partir du mois d'août, on peut voir apparaître ses baies noirs que de nombreuses personnes considèrent comme toxiques par méconnaissance de l'arbre. Il est vrai cependant que le sureau hièble (Sambucus ebulus) peut provoquer des nausées et vomissements lors de l'ingestion mais généralement sans gravité. Comment donc différencier les deux plantes pour se régaler ?






Le sureau noir est un arbre, c'est-à-dire qu'il comporte un tronc ligneux (fait de bois) à l'écorce claire tirant sur le jaune et à l'apparence tigrée. Son bois est creux et renferme une moelle spongieuse blanche. Le sureau hièble en revanche n'est qu'une plante herbacée, elle ne produit pas de bois et donc pas de tronc ligneux, elle ne se ramifie pas.



Photo : Du bois, un tronc, c'est le sureau noir.
©Alban Cambe






Les baies noires-violacées du sureau noir sont groupées en grappes (le terme exact est "corymbe") tombantes ayant un pédoncule rouge. Le sureau hièble présente également des baies noires mais les corymbes ont un port dressé. La fructification ne se produit pas au même moment : été pour le sureau noir, automne pour le sureau hièble.




Photo droite : Une plante herbacée sans tronc, le sureau hièble.
©Alban Cambe



Photo gauche : Les baies du sureau noir sont tombantes.
©Alban Cambe



Les risques de confusion sont donc réduits. La cueillette se fait dès le mois d'août pour la confection de confitures et tartes. Le goût des baies fraîches est acidulé quoique insipide mais elles se révèlent à la cuisson.


Recette de tarte au sureau et aux pommes :

  • 2 œufs
  • 1 noix de beurre
  • 2 pommes
  • 30g de farine
  • 70g de sucre
  • 500g de baies de sureau
  • 200g de crème fraîche
  • 1 pâte sablée


  1. Éplucher et couper les pommes en gros dés. Les faire caraméliser dans une poêle avec du beurre.
  2. Mélanger les œufs, la farine, le sucre, la crème fraîche pour obtenir un mélange homogène puis y ajouter les baies de sureau soigneusement rincées.
  3. Étaler le mélange sur une pâte sablée disposée dans un moule à tarte.
  4. Recouvrir avec les pommes caramélisées, rajouter selon l'envie un peu de cassonade sur le dessus.
  5. Enfourner à 180°C pendant 45 minutes.

Photo : Tarte pomme / sureau, un délice ! ©Alban Cambe


Le sureau fait partie de ces fruits dont on se méfie et nos parents nous ont toujours dit de ne pas mettre n'importe quelle baie dans notre bouche. Une fois la reconnaissance assurée, l'essayer c'est l'adopter.

Pour réaliser des cueillettes en toute sérénité, le guide Delachaux des plantes par la couleur reste une valeur sûre. 

dimanche 21 août 2016

Polypore soufré ou "poulet des bois"

Au cours d'une sortie, je suis tombé totalement par hasard (comme souvent lorsque l'on fait de belles découvertes) sur ces drôles d'amas jaunes vifs.


Ces champignons poussant sur les troncs d'arbres, dépourvus de pieds, sont appelés "polypores". L'amadouvier (Fomes fomentarius) en est un exemple célèbre. Nous avons ici le fameux polypore soufré (Laetiporus sulphureus) que les anglo-saxons surnomment "chicken of the wood" c'est-à-dire "poulet des bois".


Sa couleur vire du rose / orange jusqu'à jaune vif avec la marge plus claire. La face inférieure est d'un jaune soufre très marqué. La chair est ferme, l'aspect du polypore classique se retrouve encore que, il semblerait qu'il émerge des troncs par un pied unique. Il peut atteindre des tailles assez impressionnantes.


À la coupe, la chair apparaît jaune et exsude un liquide. Une odeur légèrement âcre s'en dégage mais l'effluve fongique est omniprésente.

Pour le cuisiner, rien de plus simple : en découper des lamelles d'environ un centimètre d'épaisseur et les jeter dans une poêle bien chaude contenant de l'huile d'olive et quelques morceaux d'ail. Saler, poivrer.


 Le goût de poulet est présent après un peu de mastication, la chair est ferme, parfois trop mais l'absence de réelle saveur fait de ce champignon un comestible passable. Son abondance en revanche en fait un petit plaisir original et sa texture carnée le rend rassasiant. Une ressource que l'on consommera donc en petite quantité.

Et vous, en avez-vous déjà goûté ?






vendredi 12 août 2016

Témoignage d'un survivant : Geoff Keys

J'ai eu le plaisir de m'entretenir avec Geoff Keys, baroudeur Britannique qui a fait la une des journaux outre-Manche l'année dernière.

En 2015, l'homme de 63 ans réalise un trek motorisé dans le Queensland australien en compagnie de ses amis. À l'idée de découvrir de magnifiques chutes d'eau et de se rafraîchir, Geoff quitte le camp, seul. La nuit tombante, il réalise que le chemin emprunté n'est pas le bon et est dans l'incapacité de retrouver ses compagnons, totalement perdu dans un terrain immense, pieds nus.



Geoff Keys


Nature Aventure Survie : Bonjour Geoff, que faisais-tu dans le Queensland en juillet 2015 ? Es-tu quelqu'un qu'on pourrait décrire comme un « aventurier » ?
Geoff Keys : Je suis arrivé à Brisbane depuis la Nouvelle Zélande en may. J'ai étudié plusieurs itinéraires possibles en Australie avant de décider de partir vers le Nord puis le Sud et l'Ouest. Je voulais profiter de conditions météorologiques favorables. J'étais à Cape York, au guidon d'une moto tout-terrain le long de la « Old Telegraph Line », une route exigeante qui mène jusqu'au point le plus au nord de l'Australie. J'essaye d'être aventureux dans mes voyages dès que je le peux.

NAS : Tu as quitté le camp et tu as nagé le long d'une rivière, tu voulais voir les chutes d'eau « Eliot Falls », qu'as-tu ressenti lorsque tu as réalisé que tu étais perdu ?
GK : J'étais très énervé envers moi-même. J'avais décidé de marcher jusqu'à la route la plus proche alors qu'il aurait été bien plus logique de nager dans le sens d'où je venais. J'étais également inquiet de connaître la réaction de mes amis lorsqu'ils réaliseraient que je n'étais pas rentré au camp.

NAS : Comment as-tu passé la nuit sans matériel ?
GK : Je me suis juste allongé sur le sol et je me suis couvert de feuilles et d'herbes. Ça n'a pas été très efficace. Heureusement les températures étaient assez chaudes.

Le signal de détresse tracé par Geoff Keys

NAS : Quand et comment as-tu décidé de tracer un signal de détresse ? Savais-tu précisément ce que tu faisais ?
GK : C'était durant le second jour, je nageais en descendant la rivière. J'avais déjà entendu des hélicoptères de recherche même s'ils étaient assez loin. J'ai repéré un banc de sable et j'ai décidé d'y écrire un message juste au cas où l'un des appareils venait à survoler la zone. Et ça a marché ! J'ai pris un bâton et j'ai écris mon message avec des caractères aussi grands que le banc de sable me l'autorisait. J'ai écris « HELP » suivi de la date et une flèche pour indiquer la direction que je suivais. J'ai pensé que le sable resterait sec sauf s'il se mettait vraiment à pleuvoir.

NAS : Tout est bien qui finit bien, qu'as-tu ressenti quand tu as finalement été secouru ?
GK : Jusqu'au moment où l'hélicoptère m'a survolé, je me sentais déterminé à me sortir moi-même de cette situation en descendant la rivière jusqu'à ce que je rencontre des gens ou une route. Lorsque le pilote de l'hélicoptère m'a repéré, je me suis soudain senti faible et fatigué mais également extrêmement soulagé. C'était un sentiment incroyable de savoir mon supplice terminé.

Merci Geoff !


Au lendemain de sa disparition, il entend le bruit des hélicoptères de recherche, descendant un cours d'eau jusqu'à trouver un banc de sable suffisamment large pour y tracer le message suivant :
HELP 28 07 →

Retrouvez l'histoire complète du périple de Geoff Keys sur son blog :

lundi 25 juillet 2016

Publication : SURVIVAL #3

Le magazine SURVIVAL a été lancé en janvier 2016 pour proposer en France une revue collaborative traitant de la question du survivalisme.

Si les premiers numéros se sont vite faits remarquer, c'est probablement grâce à la variété des sujets abordés : exemples de catastrophes (Katrina, Tchernobyl, Fukushima...), des tests de matériels et des articles pratiques sur l'autonomie ou l'orientation.



Pour le numéro 3, j'ai le privilège de pouvoir vous proposer deux articles ancrés dans l'aspect "Bushcraft" du survivalisme :

1 - "Survie" un terme galvaudé

Ou comment, par abus de langage, on labellise toutes les activités nature sous ce terme pompeux. Qu'est-ce que la survie en réalité et quelles en sont les priorités ?

2 - Mauvaises herbes : le pissenlit.

Identifier cette plante vivace, découvrir ses vertus médicinales et la préparer sous diverses formes.

Pour un aperçu du numéro 3, vous pouvez cliquer ci-dessous ou vous rendre à cette adresse.



En vous souhaitant bonne lecture !

dimanche 19 juin 2016

Le plantain : une plante comestible et médicinale

Comme pour l'ortie, difficile de résumer en quelques lignes la panacée que représente le plantain. On s'intéresse ici au Plantain majeur (Plantago major), le plus répandu dans nos contrées. Il partage ses vertus avec ses camarades (Plantago lanceolata Plantago coronopus...) tous issus de la famille bien nommée des Plantaginacées.

Les épis verts peuvent être macérés dans du vinaigre


Les feuilles sont caractérisées chez toutes les espèces par des nervures (ou côtes) très marquées à la face inférieure. Le limbe est ovale voire pointu pour le plantain lancéolé (dont le nom signifie « en fer de lance »), Plantago coronopus fait figure d'exception avec ses feuilles en « corne de cerf » comme son nom l'indique. L'ensemble de l'appareil foliaire s'organise en une rosette d'où s'élève les hampes florales portant des épis.

Ces derniers, qui s'élèvent au-dessus des prairies et des pelouses en été, sont facilement visibles, c'est un met de choix pour nombre d'oiseaux. Ces épis et les graines sont mucilagineux et peuvent être bouillis dans l'eau pour en faire une préparation bénéfique pour la digestion.



Les nervures sont très marquées à la face inférieure de la feuille

On loue le plantain pour ses qualités gustatives, les feuilles ayant un goût remarquable de champignon qui étonne en salade et surprend après cuisson comme les épinards. Dans les campagnes, nos aïeuls en ont fait un remède de choix pour les coupures et contusions, des cataplasmes appliqués sur une plaie ont été reconnus comme étant le meilleur traitement d'urgence disponible comme si la plaie était « cousue de fils d'or invisibles ».
Il fut administré en collyre contre les conjonctivites mais c'est son usage interne qui est le plus réputé. En décoction, en infusion, en gargarisme, la plante est reconnue pour ses effets miraculeux sur les voies respiratoires : maux de gorge, toux sèche ou grasse, bronchite... Il présente également des effets bénéfiques pour la digestion. Enfin, en cas de contact trop rapproché avec des orties ou des insectes piqueurs (abeilles, guêpes, moustiques), une friction avec des feuilles fraîches ou un cataplasme soulage les douleurs et démangeaisons.



Risotto de plantain
  • 200 gr de plantain
  • 400 gr de riz rond
  • un oignon
  • un verre de vin blanc
  • 4 gousses d’ail
  • 1 bouquet de persil haché
  • bouillon de bœuf
  • sel et poivre
  1. Faire revenir dans de l'huile d'olive l'oignon et l'ail émincés finement.
  2. Ajouter les feuilles de plantain soigneusement lavées et émincées.
  3. Saler et poivrer, laisser mijoter jusqu'à ce que le plantain ramollisse puis ajouter le riz.
  4. Ajouter le vin blanc, mélanger régulièrement et laisser évaporer.
  5. Ajouter le bouillon de bœuf dilué dans 50 centilitres d'eau, mélanger régulièrement.
  6. Saupoudrer de persil juste avant de servir.