lundi 23 février 2015

Utilisation des couteaux

En bushcraft, le couteau reste un outil indispensable et savoir le manier de façon sûre est la première chose qui devrait être enseignée.

Voici quelques règles de sécurité élémentaires et 4 techniques simples qui peuvent être effectuées par des adolescents ou n'importe quel débutant. Vous trouverez un lien vers une vidéo de Ben Orford concernant les couteaux et la sécurité.

Il existe deux types de couteaux :



  • Les couteaux pliants : type "Opinel" ou couteau de l'armée Suisse. Le mécanisme de pli offre une zone de moindre résistance qui deviendra point de rupture lors d'un effort trop soutenu sur la lame. On le réserve donc aux travaux fins ne nécessitant que peu ou pas de force, pour la cuisine lors d'un bivouac par exemple.


  • Les couteaux à lame fixe : la soie de la lame s'enfonce dans le manche offrant une meilleure répartition des contraintes. C'est le couteau de choix pour tout travail de force sur du bois par exemple. Lors des séances du club, les élèves ne manipulent que le couteau à lame fixe pour des raisons de sécurité.


Les couteaux sont des outils coupants et donc dangereux. Leur utilisation en bushcraft pour le travail de matériaux comme le bois ne doit pas nous faire oublier leurs utilisations plus ou moins détournées. On utilise des couteaux pour couper la viande, mieux vaut donc s'assurer que la viande en question ne soit ni un camarade, ni notre propre chair. Voici donc quelques règles de sécurité :


  • Le couteau reste dans son étui tant que l'on ne l'utilise pas. Il y retourne dès qu'on en a fini.
  • On peut sortir le couteau de son étui si et seulement si il n'y a personne aux alentours (rayon de sécurité de 2 mètres).
  • On utilise le couteau à genoux au sol pour être stable et concentré. Jamais entre les jambes, jamais debout "à la volée".
  • On réfléchit avant de sortir le couteau de son étui.
  • On re-réfléchit avant de couper.
Lors des ateliers, les élèves sont amenés à utiliser 4 techniques de base. Il en existe bien entendu des dizaines d'autres mais doivent toujours être réalisées avec maîtrise.




Enfin, je me souviens de cet élève qui était revenu d'un week-end avec un beau bandage et des points de sutures. Il avait tenté de couper une ronce façon machette avec un simple couteau suisse...
Le même élève qui avait pourtant respecté à la lettre les consignes de sécurité la semaine précédente !

Oui je vous vois sourire au fond, ça parait bête mais pourtant il faut le répéter : on ne lance son couteau, le couteau n'est pas une machette, on ne met pas le couteau dans la bouche... La liste des âneries est longue...

Tout couteau, quelle que soit sa taille, quelle que soit sa forme, est un outil dangereux. Utilisez votre couteau à bon escient et de manière réfléchie !


Pour découvrir d'autres méthodes au couteau, vous pouvez consulter le premier numéro de Bushcraft Attitude Magazine (7 techniques sont décrites).


Voici également une vidéo de Ben Orford.

mardi 10 février 2015

ATELIER SCIENTIFIQUE : Les échanges thermiques et les pertes de chaleur

Premier module "Abris et thermorégulation" pour l'atelier scientifique "La Science de la Survie".

OBJECTIFS :
1 - Comprendre la façon dont se réalisent les échanges thermiques.
2 - Comprendre les pertes de chaleur du corps humain.
3 - Édifier un abri de survie pour limiter ces pertes de chaleur

Dans ces deux premières séances, nous avons pu constater les phénomènes de conduction, convection et de rayonnement à l'aide de petites expériences :

1 - Conduction de la chaleur par différents matériaux

Des objets de matériaux différents sont placés sur la grille du radiateur, lesquels conduisent le mieux la chaleur ?


La conduction de la chaleur se fait par contact. C'est bien la chaleur qui est transmise (et non le froid).

2 - Convection des fluides :

On réalise une solution de couleur bleue en mélangeant du colorant alimentaire bleu avec de l'eau froide.
On réalise une solution de couleur rouge en mélangeant du colorant alimentaire rouge avec de l'eau chaude.

La solution bleue (froide) est plongée dans de l'eau chaude.
La solution rouge (chaude) est plongée dans de l'eau froide.


On constate que le liquide chaud (rouge) s'élève dans le liquide froid.
Le liquide froid (bleu) stagne au fond du liquide chaud, c'est d'autant plus visible lorsque l'on renverse l'erlenmeyer.




Le fluide coloré est ici l'eau, l'air est également un fluide et il se produit les mêmes phénomènes dans l'atmosphère.

Lorsque de l'air chaud s'élève et que de l'air froid redescend, il se forme une cellule de convection. L'air est alternativement réchauffé et refroidi et se met en mouvement en formant une boucle appelée "cellule de convection".

Exemple de la convection dans un récipient chauffé par le dessous. Source : http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/3/36/Convection_casserole.png/250px-Convection_casserole.png


La convection des fluides permet de réaliser une petite expérience avec un moulin en papier. L'air réchauffé par les mains s'élève et entraîne les pales du moulin, déclenchant sa rotation.


La convection est un déplacement de matière (eau ou air), le fluide chaud (moins dense) s'élève, le fluide froid (plus dense) descend, il se met alors en place une cellule de convection.

3 - Le rayonnement

C'est un transfert de chaleur sans contact, sans déplacement de matière mais par le biais de rayons (infra-rouges). Tout corps chaud rayonne dans l'infra-rouge (imagerie thermique).

Source : http://img0.mxstatic.com/corps/le-monde-vu-avec-un-appareil-d-imagerie-infrarouge-frontale_68038_w620.jpg
Les rayons sont plus ou moins absorbés par des surfaces de couleurs différentes, les couleurs sombres transforment ces rayonnement en chaleur plus efficacement.

La prochaine fois : Les pertes de chaleur du corps humain.

Nous réfléchirons à la façon dont on peut limiter ces pertes de chaleur grâce à la construction d'un abri de survie.

Nouveau groupe d'accompagnement éducatif !

C'est parti pour un nouvel accompagnement éducatif, le mardi après-midi.

Pour débuter, quelques explications théoriques :

  1. Les différentes philosophies de "survie"
  2. La règle des 3


Puis place à la pratique avec un premier entraînement au firesteel par ordre de difficulté :
Niveau 1 - Coton
Niveau 2 - Écorce de bouleau
Niveau 3 - Bois gras
Niveau 4 - Maya dust



Bon, il va falloir encore s'entraîner un peu !

Merci à notre soutien Azimut-Nature.com pour les firesteel et la maya dust !


dimanche 8 février 2015

Vidéo : les allumes-feux naturels

Les élèves du club de Sartrouville ont bravé le froid (-2°C) pour vous présenter les divers allumes-feux naturels avec lesquels nous avons travaillé.

Écorce de bouleau, bois gras (qui a refusé de s'allumer devant l'objectif) et roseau massette.



Après ce petit travail, ils se sont essayés au feu par friction, une activité qui demande de l'énergie, de la maîtrise et beaucoup, beaucoup de persévérance !



lundi 2 février 2015

Survie ? Vous avez dit survie ?

"Survie", depuis quelques années, on peut entendre ce terme utilisé à tort et à travers. La "survie" se décline au travers d'émission de télévision (Man VS Wild, Koh-Lanta), de jeux vidéos (The Long Dark, The Forest avec des zombies et d'autres encore dont quelques uns sont décrits dans cet article), des manuels de survie et des stages de survie...

Mais la survie, c'est quoi exactement ?

Pour vous, la survie c'est :
  • Un type qui escalade à mains nues une falaise pendant une tempête de neige ?
  • Un groupe de personnes qui font des pompes sous le soleil pour gagner un totem en bois ?
  • Des gens armés jusqu'aux dents qui déboîtent des zombies à la pelle ?
  • Une tête brûlée qui, par manque d'eau (soit disant !) va boire son urine sous l'oeil (envieux) des cameramen ?

D'après le dictionnaire Larousse :
"Survivre : rester en vie après quelque chose (accident, catastrophe) susceptible d'entraîner la mort : Survivre à un bombardement. Survivre à de terribles blessures."

La survie, c'est donc une situation de danger, où la personne va prendre les mesures nécessaires pour échapper à la mort. La survie c'est quand vraiment, vraiment, vraiment ça craint.

Au travers de différentes activités et notamment grâce à des stages de "survie", on peut éventuellement se rapprocher d'un état de survie (sans jamais la toucher du doigt) dans la mesure où le but de ces préparations n'est absolument pas de se mettre en danger.

Au travers de diverses lectures et rencontres, on peut cependant identifier plusieurs sensibilités distinctes dans le monde de la "survie". Voici un graphique qui propose de distinguer 5 catégories principales.


NB : Loin de moi l'idée de porter un jugement de valeur sur quelque courant que ce soit. Mais pour expliquer ce qu'est réellement la survie à des adolescent, il faut simplifier outrancièrement !


Les deux facteurs déterminant retenus sont :
  • Le matériel possédé : depuis le dénuement total jusqu'au suréquipement coûteux.
  • Le rapport à la nature : depuis la menace des éléments jusqu'à la connaissance profonde des ressources naturelles.
Voici donc 5 profils de "survivants" :

  • Survie type Paléo : tout nu dans la jungle ? Même pas peur ! Le Paléo connait la nature par coeur et sait y puiser les ressources nécessaires pour sa survie. Son matériel se réduit à... Un simple caillou taillé et une massue qu'il utilisera pour faire tout, absolument tout depuis un feu par friction jusqu'à l'édification d'un abri naturel. C'est le profil "Rahan".
  • Survie type Naufragé : tout nu dans la jungle ? À vrai dire ça n'était pas volontaire... Peut être le seul qui est réellement en situation de survie dans ce graphique. Le naufragé (nautique ou aérien) se retrouve face aux éléments qu'il doit apprendre à combattre avec peu ou pas de matériel. Il est condamné à apprendre sur le tas. C'est le profil Tom Hanks dans "Seul au monde".
  • Survie type Commando : Peut-être le plus résilient face aux coups durs. Le commando aime partir avec un équipement complet et ses rations mais peut très bien s'adapter s'il vient à être séparé de son sac à dos. Derrière les lignes ennemis, il saura se faire discret et est formé à (sur)vivre à la dure. Néanmoins pour lui, la nature peut-être aussi redoutable qu'un soldat adverse. C'est le profil "John Rambo".
  • Survie type Survivaliste : Investissant une véritable petite fortune dans l'armement et le stockage de vivres, le survivaliste se prépare. La question qu'on lui pose souvent est de savoir à quoi il se prépare... À vrai dire, il ne se prépare à rien de particulier si ce n'est au jour où ça va partir en sucette. Guerre, épidémie, émeutes, etc... Le quidam moyen le prend pour un illuminé capable de se terrer au fond d'un bunker à la moindre alerte mais il se rira bien de nous le jour où se produira une rupture de la normalité. Je n'ai pas de profil type à vous proposer dans la mesure où il est souvent dépeins comme un personnage marginal et passablement fou dans la plupart des ouvrages ou des films que j'ai pu consulter...
  • Survie type Bushcraft : Et bien le "Bushcrafteur", en fait il fait plein de choses. À vrai dire, le passionné de Bushcraft n'est probablement pas un groupe à part entière, il faudrait encore subdiviser de nouvelles catégories. Pour faire simple, il peut aimer un peu tout. Touche à tout, il va s'amuser à faire du feu par friction puis préparer son sac d'évacuation. Il va se mettre au défi de construire un abri sans aucun matériel ou va partir randonner un après-midi avec son tarp, son sac de couchage, etc... Il aime également le challenge et cherche à se prouver qu'il peut se débrouiller avec ses deux mains tout en embarquant son matériel fétiche. En fait, le passionné de Bushcraft recherche une chose : le plaisir d'être dans la verte. C'est le profil "Ray Mears", connaître la nature sans se reposer uniquement sur ce qu'elle offre.