mercredi 13 septembre 2017

Test : "Tentsile Flite+" mi-tente, mi-hamac

Un OVNI a-t-il atterri ? Non, il ne touche pas le sol. Ça y est, ça vous revient ? Depuis quelques années, on voit partout sur internet, sur les sites de matériel et sur les instagram de baroudeurs connectés ce genre de curiosités. La marque Tentsile a créé le buzz sur la toile en publiant des photos originales de ses petits cocons colorés, suspendus au dessus du sol, de l’eau, parfois à des hauteurs impressionnantes. Alors, que vaut réellement cette tente hors-sol ?

Photo promotionnelle de la marque Tentsile, ça fait un peu haut non ?

"Ground control to Major Tom !"

Commençons avec le sac contenant les accessoires : une simple poignée noire, pas de logo apparent. Il contient l’ensemble des accessoires nécessaires à l’édification de l’abri : base avec moustiquaire, toile de couverture imperméable, 3 sangles orange fluo et un tendeur mécanique, 3 piquets de sol avec câbles élastiques, 2 arceaux métalliques et l’indispensable notice (en anglais). Le tout, pour un poids d’environ 3 kilogrammes.

 Lieu choisi, armons-nous de courage.

Il ne reste plus qu’à assembler tout ça…

Une lecture assidue du manuel d’utilisation avec avertissements de rigueur (pas plus de 220 kilogrammes dans la tente) est nécessaire avant de se lancer dans ce qui semble être une véritable usine à gaz… 34 pages de photos commentées et de schémas pour apprendre à monter la bête. Première information, et pas des moindres, il faut trouver 3 arbres espacés d’au minimum 3 mètres et d’au maximum 10 mètres. Implicitement, on comprends qu’il faut que les-dits arbres décrivent un semblant de triangle et soient assez robustes pour supporter le poids de deux personnes.


34 pages en couleur avec schémas et commentaires dans la langue de Shakespeare ? Chiche !



Le lieu choisi (ce qui demande un peu de temps), passons au montage. Tout commence avec la base qu’il faut relier aux sangles passées autour des arbres. Un nœud particuliers doit être noué à deux extrémités de la tente (car elle a un sens à respecter) tandis qu’au troisième angle, on viendra harnacher le tendeur mécanique.

En fait, c’est un peu comme un nœud de cravate, facile à défaire en tirant sur l’extrémité libre.


Le mécanisme permet de tendre la base de la tente (qui servira de matelas).

La question de la tension est primordiale comme nous le découvrirons durant la nuit… Difficile à jauger au premier essai, disons qu’il faut mettre la toile sous tension par deux de ses angles. Le mécanisme du tendeur vient ensuite compléter l’ensemble. Point capital, les sangles doivent être fixées sur un plan égal. Des repères dans les coutures permettent de juger du bon alignement de ces rubans orangés avec la structure de la base.


La base tendue au-dessus du sol.

Viennent ensuite les arceaux qui serviront à élever la moustiquaire. Rien de bien difficile, des butées blanches et des guides rendent le travail évident.

 Les arceaux ? La partie la plus facile !

La toile de couverture permet d’imperméabiliser l’ensemble, elle n’est pas obligatoire si l’on veut profiter de la vue au-travers de la moustiquaire mais bien nous a pris de la fixer. Un orage s’étant déclaré en pleine nuit… En gros, il faut jeter la bâche sur la structure et « entortiller » les petits câbles élastiques présents aux coins sur les sangles orangées… La notice n’est pas plus claire sur ce point. Au milieu de chaque côté de la toile imperméable se trouvent des câbles élastiques permettant de tendre celle-ci, on la relie donc aux piquets de sol. Notons au passage que si les sangles nouées aux arbres sont oranges fluorescentes et très visibles même de nuit, les câbles tendeurs sont noirs et les piquets, bien que jaunes, ne ressortent pas beaucoup dans la litière forestière. On pourrait facilement s’y prendre les pieds en pensant que seules les sangles oranges jouent un rôle dans la structure. Des fils réfléchissants et des catadioptres sur les piquets auraient pu compléter l’ensemble mais dans la mesure où tendre les bords de la sorte est facultatif, on passera sur ce point.

La notice est peu explicite sur la façon de fixer la toile mais ça a tenu comme il faut.


Pour tendre davantage la toile imperméable, des piquets de sol peuvent être fixés.

Nous avons fait le choix de monter la tente à une hauteur raisonnable (la base arrivant au nombril). On remarque qu’il faut se pencher sous la toile de couverture pour accéder aux fermetures éclair permettant l’accès, au-travers de la moustiquaire, à l’intérieur de la tente. Un sac en toile se balade, il servira à ranger du menu matériel (portable, frontale) et peut-être suspendu à l’aide d’un petit crochet dans la tente. On entre comme dans un hamac, en s’asseyant sur le bord et en pivotant à l’intérieur. La toile se tend et épouse les formes du corps, on se sent flotter, l’expérience est plaisante. Nous installons nos sacs de couchage, allumons un feu, la fin du montage s’est faite à la lueur des lampes frontales !

Pas trop facile d’accès avec la toile, l’intérieur se révèle assez exigu.


Le montage a du prendre une bonne demi-heure.


Un véritable OVNI à la lueur des flammes !

La nuit s’est passée agréablement. Quoique…

Tout d’abord l’aération de l’ensemble est super agréable ! C’est presque comme dormir à la belle étoile puisque la toile imperméable n’est que rajoutée au-dessus de la moustiquaire, en la tendant correctement, on bénéficie d’un bon point de vue sur les environs. Un point capital par les vagues de chaleur estivales que nous avons subies.

La base de la tente épouse les formes du corps comme un hamac, le maintien est très bon, très agréable. En revanche, nous avions peut-être négligé l’équilibrage des sangles aux arbres… Nous nous sommes très vite retrouvés l’un sur l’autre, une pente nous entraînant inexorablement vers la droite au moindre mouvement… Pas trop dérangeant pour deux tourtereaux mais attention pour ceux qui veulent partir entre copains mal rasés, mal lavés… On notera que l’espace triangulaire ne laisse pas de place au hasard : les pieds sont forcément dirigés vers le côté le plus aigu de la tente.

On devine la présence d’un sac de couchage dans la tente.

Concernant l’espace viable, aucun soucis pour les petits gabarits. Ça semble se compliquer à partir de 180 centimètres, la tête venant toucher la moustiquaire alors que les pieds sont déjà bien enfoncés dans le coin dédié. Hormis la pochette en toile, pas de rangement disponibles, les objets doivent être calés dans les coins mais en sortiront très vite et iront se balader à chaque fois que quelqu’un(e) entre / sort / se retourne dans son sommeil. La toile imperméable est opacifiante, juste ce qu’il faut. Un orage nocturne a projeté ses éclairs au-travers du matériau léger, la pluie est venue frapper la surface, tout a bien joué son rôle, aucun signe d’humidité le lendemain matin dans le compartiment. Il n’y avait donc plus qu’à tout défaire (suivre le mode d’emploi à l’envers) et à remballer.

Comme le hamac, la Tentsile Flite+ permet d’impacter au minimum l’environnement et de ne laisser presque aucune trace hormis le piétinement nécessaire à l’édification.

Si les sangles sont bien visibles, attention à ne pas se prendre les pieds dans les fils tenseurs.


VERDICT : 

Une vraie tente avec l’avantage indéniable du hamac : le confort. L’aération interne permet de ne pas trop étouffer tout en conservant suffisamment de chaleur et le look est… inimitable !

En revanche, on notera qu’il faut un emplacement bien agencé (3 arbres en triangles) et du temps pour l’installer correctement, qu’il faut absolument vérifier l’équilibrage (sinon ça sera ambiance collé-serré dans la tente). Le point le plus négatif à mon avis ? Le prix ! Près de 350€ pour une tente qui ne pourra pas être montée n’importe où.


Bon d’accord, son design est si particulier qu’il accroche nécessaire la mirettes.

Il séduira sûrement les baroudeurs soucieux de leur image au détriment de la discrétion. Néanmoins on notera que pour le camping sauvage, bien que criarde, cette tente pourrait séduire les parents soucieux de partir à l'aventure avec leurs enfants. Le côté cloisonné d'une tente est rassurant pour les plus petits, le fait qu'elle soit suspendue la rend ludique et confortable.

À vous de voir si vous souhaitez mettre la main à la poche !

TENTSILE Flite +
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